FREHEL

Née le 13 juillet 1891 à Paris, au numéro 109 du boulevard Bessières, Marguerite Boulc'h est la fille d'un couple de Bretons originaire de Primel-Trégastel, hameau de la commune de Plougasnou (Finistère). Son père Yves Marie Boulc'h est un ancien cheminot devenu invalide, ayant perdu un bras, happé par une locomotive, tandis que sa mère Marie-Jeanne Daniel, concierge, se livrait accessoirement à la prostitution. La jeune Marguerite grandit dans les quartiers les plus populaires de Paris. À quinze ans, elle est vendeuse de cosmétiques de porte à porte. Son travail lui permet de rencontrer la Belle Otero, artiste alors adulée, qui admire son audace et ses formes ainsi que sa voix particulière, lui propose de chanter sous le nom de « Pervenche ».

Son répertoire « réaliste » commence à la faire connaître entre 1905 et 1910.

Fréhel est la première chanteuse à graver son 78 tours en 1908 (C'est une gosse / Odéon).

Le 28 novembre 1907, elle épouse dans le 2e arrondissement de Paris Robert Hollard (alias Roberty), un jeune comédien amateur de music-hall qu'elle avait rencontré à la taverne de l'Olympia. Le couple donne naissance à un enfant, qui meurt en bas âge, et la jeune mère est rapidement abandonnée par son séduisant compagnon qui lui préfère Damia. Leur divorce est prononcé le 13 juin 1910. Elle noue ensuite une relation de courte durée avec Maurice Chevalier, qui décide de la quitter pour Mistinguett.

Bien qu'auréolée de succès, Fréhel (ainsi surnommée désormais en référence au cap breton du même nom) fuit une vie sentimentale désastreuse et finit par plonger dans l'alcool et la drogue. Elle quitte la France pour l'Europe de l'Est et la Turquie, d'où l'ambassade de France la rapatrie dans un état lamentable en 1923.

En 1925, l'« inoubliable inoubliée » remonte sur les planches de l'Olympia pour le plus grand plaisir d'un public qui ne se lasse pas de ses couplets réalistes. Son physique méconnaissable — elle s'est considérablement empâtée — lui ouvre paradoxalement les portes du cinéma. Elle tourne notamment dans Cœur de lilas en 1931, Le Roman d'un tricheur en 1936, Pépé le Moko en 1936 (où elle interprète la célèbre chanson Où est-il donc ?) et La Maison du Maltais en 1938.

En 1932, elle se produit au cabaret Le Bosphore, rue Thérèse.

Le 30 avril 1935, elle épouse à Paris Georges Boettgen.

En 1950, Robert Giraud et Pierre Mérindol inviteront Fréhel à se produire devant le public parisien dans une ancienne salle de bal, les Escarpes, située près de la place de la Contrescarpe. Ce seront les dernières apparitions publiques de la chanteuse.

Elle ne se relèvera jamais de ses drames passés. C'est dans une chambre sordide d'un hôtel de passe, au 45 de la rue Pigalle, qu'elle meurt seule le 3 février 1951. Une foule importante assistera à son enterrement. Elle est inhumée au cimetière de Pantin.

Depuis, nombre de chanteurs se réclament de son influence : Charles Trenet, Mano Solo, Jacques Higelin, Serge Gainsbourg ou Renaud.

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